S'alléger des tâches d'autrui
La psychologie d’Adler vous encourage à ne pas vous figer dans vos blessures. Avec comme principe de base que vous avez le pouvoir d’influer sur vos fonctionnements ! Vous évoluerez vers le mieux-être en vous acceptant, sans vous comparer ni attendre que les autres ou la situation changent pour vous ! Tel était le zoom de mes deux précédents articles issus de ma lecture de « Avoir le courage de ne pas être aimé » de Ichiro Kishimi et Fumitake Koga. Autre principe fondamental de la philosophie adlérienne : la séparation des tâches, qui suppose de s’alléger de celles d’autrui. Il s’agit de ne pas chercher à répondre aux demandes des autres et de ne pas attendre qu’ils nous aiment… Pour gagner en liberté !
Déplaire est sa tâche, pas la mienne
La séparation des tâches suppose de distinguer les nôtres de celles des autres. Ne pas vouloir déplaire peut être notre tâche, mais si nous déplaisons ça n’est pas la nôtre. Car on ne peut rien faire à ce qu’une personne pense de soi. Par exemple, au travail : dois-je chercher à être aimé.e : est-ce une priorité ? Et, pourquoi faire son travail ne suffirait-il pas ? Affrontez vos propres tâches uniquement, n’interférez pas dans les tâches des autres et ne les laissez pas interférer dans les vôtres.
Soyez utile et égoïste !
Qui plus est, s’immiscer dans les tâches des autres est, selon Adler, égocentrique, donc à éviter. Il encourage, en revanche, à être égoïste, c’est-à-dire utile, mais sans se sacrifier. Car la séparation des tâches ne veut pas dire de ne pas apporter d’aide, mais de la proposer sans intervenir. On peut être attentif et se soucier des autres, mais sans interférer ! Ça implique de trouver la bonne distance… L’enfant que l’on aidera à gérer seul ses devoirs ira plus aisément vers l’autonomie et la confiance en lui. Ce qui lui évitera, de surcroît, de répondre aux attentes de ses parents quant à ses études, son métier, le mariage, les enfants… Il trouvera seul sa voie.
Ne pas chercher de récompense
Car c’est à cet âge-là que risque de se développer le besoin de répondre aux attentes des autres, souvent à cause du système récompense/punition. Or, la récompense ou les félicitations sont un jugement ! Celui d’une personne compétente vis à vis d’une personne qui ne le serait pas. Ce qui implique une hiérarchie et une relation interpersonnelle verticale. Révélatrice d’un complexe de supériorité/d’infériorité, qu’Adler conteste. Il plébiscite les relations horizontales, basées sur l’égalité, quelles que soient nos différences. De la même manière, rendre quelque chose à quelqu’un en échange d’un service même s’il n’en veut pas, devrait être évité !

Vivre sans reconnaissance…
Même en participant ou contribuant à la communauté, vous ne devez pas chercher à répondre aux attentes des autres. Pour vivre votre vie pour vous-même ! C’est un autre enseignement d’Adler : ne pas chercher de reconnaissance. Non seulement ça n’est pas utile mais ça limite notre liberté. Choisissez un chemin de liberté sans reconnaissance. A se soucier constamment de la manière dont les autres vous jugent, vous finissez par vivre la vie d’autrui. A titre d’exemple, les gens qui essaient de paraître plus importants en empruntant le pouvoir de quelqu’un d’autre vivent essentiellement selon le système de valeurs d’autrui : ils ne vivent pas leur propre vie !
Avoir le courage de ne pas être aimé…
Vivre pour autrui peut générer la peur de perdre ses relations et c’est une façon de vivre où l’on se prive de liberté. Une relation amoureuse, dans laquelle l’une des deux personnes se restreint finira par s’effondrer. Car la restriction est le signe d’un état d’esprit où l’un essaie de contrôler l’autre. Ne pas vouloir déplaire à autrui est un désir naturel et une pulsion. Mais accepter de ne pas être aimé est le prix à payer pour être libre ! Sans aller jusqu’à chercher à déplaire, bien sûr… Il s’agit de s’affranchir des problèmes liés aux relations interpersonnelles.
Avancer pas à pas
Si être égoïste ne vous apparaît pas simple, le mieux est de commencer sans vous soucier que les autres soient coopératifs. Et en commençant par une relation. Les autres viendront… C’est la voie de votre liberté ! En agissant sur vos fonctionnements, vos ressentis, vos émotions, vous évoluerez vers un meilleur de vous-même, celui que vous êtes vraiment, donc libre ! Et que l’on soit d’accord ou pas avec cette philosophie, son cœur est que nous pouvons changer. Quand l’étiologie de Freud explique, comprend des fonctionnements, la philosophie d’Adler incite à agir, à faire bouger les lignes.
Le rêve éveillé pour être libre
Se soucier des autres, bâtir des relations horizontales, adopter une posture d’encouragement sont les objectifs à atteindre tout en gérant uniquement ses propres tâches. Accepter de ne pas être aimé est un challenge fort. Une cure de rêve éveillé libre est en phase avec cet objectif. La thérapie est tout d’abord un encouragement utile pour prendre conscience de sa valeur et gagner en confiance en soi. Avant de prendre de la distance avec les attentes des autres, à commencer par ses parents ! Le rêve nous aide à nous en affranchir, à aller vers le mieux-être et vers la liberté.
Série d’articles en hommage à Françoise David, formatrice, superviseuse, présidente de l’ADREL et directrice de l’École du Rêve Éveillé Libre. Ce fut son dernier conseil lecture.
